Amazonie
  

Amazonie






, Brésil
le 27/05/2016

 
 

Manaus

Après quelques heures de vol et une escale me voilà à Manaus. Le vol fut agréable (quoique assez déprimant de voir autant de forêt rongée par l'homme et des lisières tracées à la règle), l'arrivée le fut nettement moins. Tout d'abord la chaleur et l'humidité, je n'avais pas ressenti un tel inconfort climatique depuis l'Inde et ça ne m'avait pas vraiment manqué, à peine 3 pas dehors et je suis déjà en nage. Le trajet en bus fut atroce, outre la chaleur, le bus bondé et les arnaqueurs de touristes qui attaquent déjà pour te vendre des tours, le chauffeur conduit comme un dingue, une épreuve de rester debout quand on a autant d'affaires, bref après 30 minutes de lutte je suis au centre. Auberge sympa qui possède une « agence » fiable qui propose des tours dans la jungle, je réserve pour 4 jours/3 nuits. J'ai fait l'erreur de réserver une chambre sans clim, je me suis vite ravisée et ai payé la différence pour rejoindre le dortoir climatisé, heaven.

Je profite pour faire un petit tour en ville, c'est pas forcément joli mais j'y retrouve un peu l'esprit brésilien que j'attendais, des vendeurs de fruits partout, de la street food, des vendeurs de hamacs, etc. La ville possède aussi un très bel opéra qui contraste fortement avec le reste des bâtiments.

7h15, départ pour la jungle avec les 3 garçons de 19 ans qui vont m'accompagner pendant ces 4 jours, je pense qu'ils sont français quand soudain j’aperçois le fameux anti-moustique rouge, seraient-ils suisses ? Non seulement ils sont suisses mais en plus ils sont genevois, fraîchement sortis du collège et de l'armée ils n'ont malheureusement pas beaucoup d'autres sujets de conversation, non désolée je ne me souviens pas des notes que j'ai eu à ma maturité, c'était il y a 7 ans quand même...

Après 3 heures de voiture et 1 de bateau nous voilà au lodge au bord du fleuve urubu, très beau, nous avons réservé pour dormir dans les hamacs, c'était moins cher (eh oui les 11 mois de voyage se font sentir, mais soyons honnête j'aurais choisi ça de toute façon). C'est toujours la saison des pluies en Amazonie, mais à ma grande surprise ce n'est pas vraiment gênant. Il pleut tous les jours mais environ 30 minutes et cela entre 13h et 15h donc assez facile de s'organiser en fonction, le reste du temps il a fait beau (et atrocement chaud et humide). Après que les garçons aient passé deux heures à faire le concours du plus beau « back flip » (saut en arrière dans la rivière depuis le ponton), sans jamais se lasser, nous les avons interrompu pour partir à la pêche au piranha. Oui je sais je l'ai déjà fait au Pantanal et j'ai dit que j'aimais pas ça mais là tout l'intérêt est dans le décor. En effet, à cette période de l'année, la forêt est en grande partie inondée, donc on s'est promené dans la forêt en barque, c'était magique, juste le bruit des oiseaux et le reflet des arbres dans l'eau qui font une symétrie parfaite. Les garçons ont pris cette partie de pêche pour une compétition et celui qui en a eu moins que les autres était très très déçu, si j'avais eu un sugus je le lui aurait offert pour le consoler.

Après avoir mangé nos piranha pour le souper nous sommes repartis sur la barque pour tenter de voir des caïmans. A un moment donné le guide nous à laissé seuls dans le barque (un peu l'impression de faire du baby-sitting), je m’ennuyais alors j'ai éclairé l'eau avec ma lampe frontale et là j'ai vu un petit serpent très venimeux, ça nous a occupé un bon moment. Le guide revenu, nous sommes reparti dans la forêt inondée avec juste une lampe, j'ai trouvé ça encore plus impressionnant que de jour, les bruits sont décuplés, j'avais l’impression d'être en expédition, j'ai vraiment adoré ce moment jusqu'à.... Nous avons arrêté la barque et le guide nous a demandé de rester silencieux, quand soudain un de mes camarades a lâché un énorme pet (pas de sa faute selon lui, il avait mal au ventre), évidemment nous avons tous rigolé, le guide s'est énervé parce que nous faisions du bruit, bref, nous n'avons pas vu de caïmans. Malgré l'absence de caïman j'ai adoré la balade éclairée par le clair de lune. Le nuit je m'endort dans mon hamac aux sons des animaux, insectes et des ronflements d'un de mes congénères, même la nuit ils ne sont pas silencieux, doux jésus !

Le lendemain matin, réveil à 5h30 pour aller observer les dauphins au levé du soleil. C'était juste splendide, l'eau était parfaitement calme, le reflet de la forêt parfait et juste les dauphins pour casser le surface de l'eau (pas de photos, trop dur, tout dans la tête). Ensuite visite d'une famille, donc non c'est pas les petits indigènes cul nus qui vivent à même le sol, c'est une famille qui vit dans une maison et vit de la production du manioc et divers produits locaux, intéressant. Ensuite, pour le plus grand bonheur des garçons qui ont pu continuer le concours de « back flip », nous avons eu une petite pause au lodge avant le dîner. Maintenant passons aux choses sérieuses, la jungle, la fameuse. Après un court trajet en bateau nous arrivons dans une partie de la forêt qui n'est pas inondée et dans laquelle nous nous engouffrons lentement à coups de machette, l'enfer vert. Je n'ai jamais autant transpiré de ma vie, ou dans un hammam peut être mais c'est exactement la même chose sauf que tu porte un pantalon long rentré dans les chaussettes et un pull à manches longues car les moustiques sont très nombreux et voraces. (c'est le seul animal qui me fait peur dans cette forêt mais il me fait très peur).

Après 1h30 de marche (ou agonie, les deux noms conviennent), arrivée au campement, très sympa, un endroit abrité pour suspendre nos hamacs (avec moustiquaires) et une petite rivière pour se laver et boire (après purification). Nous faisons sécher nos habits près du feu (le petit mélange transpi/fumée n'est pas l'odeur la plus délicate que j'aie connue) et le guide nous fabrique des magnifiques cuillères en bois du Brésil et des assiettes avec des feuilles. Nous cuisons du riz, grillons le poisson péché la veille et du poulet pas péché la veille. Là, assise par-terre, en mangeant mon poisson grillé avec les doigts dans ma feuille de palmier je me suis sentie tout à fait dans mon élément (Axel ça ne te coûtera pas cher en restaurant, juste en billet d'avion ;-) ). Les garçons sont allés prendre leur bain dans la rivière qu'ils ont décidé de transformer en discothèque en mettant leur lampe frontale en mode clignotant et en chantant à tue tête des chansons de David Guetta, le guide et moi même avons échangé un regard lourd de sous entendu.

Je pensais que plus aucun animal ne se pointerai dans les 10 kilomètres à la ronde après l'épisode la discothèque mais contre toute attente le guide a attrapé un gros caïman (dans la même rivière) que nous avons bien pu observer avant de le relâcher, en espérant qu'il se dirige vers la rivière et non pas sur nous parce qu'il était pas très content. Nous sommes allé chatouiller une tarentule dans son trou pour qu'elle sorte nous faire coucou, araignée du soir, espoir. J'ai pourtant perdu tout espoir quand les garçons sont partis « à la chasse aux araignées » et sont revenus en hurlant 30 secondes plus tard. J'espère qu'ils n'ont pas réalisé que je laissais toujours le plus grand aller devant pendant les balades pour qu'il nettoie les toiles d’araignée avant mon passage (le guide étant trop petit pour les atteindre ).
Le lendemain, le même type de journée où nous avons eu pas mal d'explications sur les plantes médicinales et pu titiller un peu les « bullet ant » (fourmis balle) dont la piqûre est réputée pour être la piqûre d'insecte la plus douloureuse au monde et elles sont particulièrement agressives. Nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux mais c'est normal en Amazonie, c'est trop grand et trop dense, le Pantanal est beaucoup mieux pour observer les animaux, l'Amazonie c'est surtout pour l'expérience.

Après une deuxième nuit dans le jungle, je quitte mes compagnons genevois, sans regret je l'avoue mais au cas où ils tomberaient sur ce blog je tiens à préciser qu'ils n'étaient pas méchants, que je trouve bien qu'ils fassent ce voyage et qu'au final j'aurais bien ris, de désespoir souvent, mais j'aurais ris.

Retour au lodge où une baignade (toujours avec mon compeed au poignet) et une boisson fraîche auront rarement été aussi bonnes. Retour à Manaus par le même chemin (avec une bonne douche tropicale sur le petit bateau au passage). Je suis vraiment heureuse d'avoir vécue cette expérience mais je ne suis pas sûre d'avoir envie d'y retourner un jour.

Même auberge, même dortoir, mais malheureusement pas les mêmes personnes, que des hommes d'âge mûr, de poids conséquent et de ronflements qui le sont tout autant, très mauvaise nuit pour moi. Je voulais ensuite descendre tout l'Amazone en bateau lent jusqu'à Bélem sur la côte atlantique mais malheureusement les dates ne concordaient pas du tout donc j'ai décidé de faire une moitié en avion jusqu'à Santarèm et l'autre en bateau (en espérant qu'il y en ait un qui parte le lundi mais une personne m'a dit que oui, fingers crossed)


Santarèm

Le lendemain matin après un réveil raté et un petit coup de stress j'arrive finalement bien trop en avance à l'aéroport (youpi skype avec Axelbichon). Une heure de vol tranquille, je débarque à Santarèm le dimanche vers 14h, très mauvaise première impression de cette ville. Tout d'abord personne ne veut me prendre en stop de l'aéroport jusqu'à la ville, je dois prendre un taxi (heureusement bien négocié), deuxièmement il n'y a pas un chat, c'est mort de chez mort. C'est vraiment pas touristique donc il n'y a pas d'auberge de jeunesse (hostel) donc pour la première fois depuis très longtemps je vais dans un hôtel, glauque et cher, pas de fenêtre mais au moins j'ai ma chambre et la clim. Personne ne sait si un bateau part le lendemain (et personne ne me comprend de toute façon), on me dit que probablement pas et là c'est le stress car il est hors de question de rester une semaine dans ce trou à rat. Je décide de ressortir quand même et là c'était pas du tout la même ville, la jetée pleine de monde, des vendeurs ambulants, les restaurants ouverts, etc. Je me renseigne un peu et je trouve quelqu'un qui me dit qu'un bateau, le San Marino devrait arriver ce soir de Manaus et repartir demain pour Bélem mais pas depuis le port, depuis un autre endroit à l'est, lueur d'espoir. Le lendemain je me réveil tôt et je décide de faire confiance au vieux, je marche en direction de l'est, au bout d'un kilomètre je tombe sur un énorme bateau, on me dit qu'il part bien pour Bélem aujourd'hui à 17h, alléluia, je peux me détendre. J'en profite pour visiter la ville et finalement j'ai adoré (il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis), j'ai acheté un hamac et des cordes nécessaires pour le trajet en bateau, je me suis baladée le long des quai où des centaines de bateaux sont amarrés avec des gens qui chargent et déchargent toute sorte de marchandise. Je me suis aussi promenée au marché aux poissons sur pilotis en compagnie des immenses hérons qui se baladent aussi entre les étalages pour tenter de dérober un poisson. J'y ai de nouveau appris la leçon, « en Amazonie ne sort jamais sans ton parapluie », ce merveilleux et original proverbe est de moi.


Slow boat

 

Après une petite douche et quelques achats de provisions car la nourriture sur le bateau est réputée pour te refiler la turista illico presto (merci j'ai déjà donné) je me rend sur le quai où on me fais embarquer en enjambant la rambarde. J'installe mon hamac (vous croyiez que j'avais réservé un cabine ou quoi?) sur le troisième pont, le moins peuplé à cause du vent mais la meilleure vue, je me sens déjà comme à la maison. Je rencontre 2 sœurs françaises sympas qui installent leurs hamacs près du mien, pratique pour se surveiller les affaires mutuellement. Je suis partie le lundi à 17h et arrivée le mercredi vers 20h (7 heures de retard quand même), j'ai juste adoré, ça aurait pu durer le double que ça ne m'aurait pas gênée, en plus zéro moustique grâce au vent. C'est tellement relaxant, tu sais qu'il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre, donc pas de culpabilité à vivre au ralenti. J'occupais mon temps à lire dans mon hamac (beaucoup), discuter de tout et de rien avec les françaises, manger mes conserves et mes biscuits, dormir, admirer la forêt et les maisons sur pilotis des familles qui y vivent, observer les échanges de marchandises directement des petites barques au gros bateau sans qu'il ne s'arrête, observer la vie dans les ports où nous nous arrêtions, m'émerveiller devant les dauphins roses au couché du soleil, faire des photos, faire bronzette sur le pont, etc. Bref que demander de plus ? J'ai vraiment été heureuse sur ce bateau et je reviendrais presque sur ce que j'ai dis plus haut quand j'ai dit que je ne pensais pas revenir. C'est vraiment impressionnant de voir cette centaine de hamacs alignés et grouillants de vie, j me dis que chez nous on fait beaucoup de chi chi quand même, ici les jeunes, les moins jeunes, tout le monde dans des hamacs pendant des jours et personne ne se plaint. Le voyage m'a coûté l'équivalent de 35 chf, sachant que j'économise 2 nuits d'hôtel et vu la distance parcourue c'est pas cher payé.


Belèm

 

En descendant du bateau à Bélem nous sommes allées au restaurant avec les deux marseillaises, ça me change un peu des conserves. Notre dortoir est au sous-sol et pue la cave mais au moins on est que les 3, pas de ronflements et après 3 jours dans un hamac ça fait du bien d'avoir le dos à plat quand même. Le lendemain les filles ont pris leur vol pour Mexico et moi je suis allée visiter le fameux marché « ver-do-peso » et le port, gros coup de cœur. Tellement de couleurs, d'odeurs (parfois très mauvaises), de vie que je me suis sentie envoûtée. Le port, avec ces nombreux bateaux en bois, ces hérons, ces centaines de vautours, ces gens qui dorment dans leur hamac, qui chargent et déchargent les marchandises, m'a donné l'impression de voyager dans le temps, d'être dans le décor de certains livres d'aventures et de conquêtes que j'ai lu. J'aimerai tellement pouvoir vous décrire mieux ce que je vois et je vis, mais je m'exprime mieux par la photo que par l'écriture, alors jetez y un œil aussi. Les nombreux jus frais (maracuja, açai, etc.) permettent de supporter la chaleur étouffante. J'ai passé l'aprèm à l'hôtel en attendant mon bus de nuit pour Sao Luis car autant le port et le marché valent carrément le détour autant le reste de la ville ne mérite pas de s'y arrêter et m'aurai probablement sortie de mon envoûtement.

Fin de l'Amazonie, je me dirige maintenant vers la côte que je suis tout aussi impatiente de découvrir.

PS : mon bras va mieux, il y a un espoir de guérison. 
 

Commentaires



Autres récits de voyage

Autres Recits en Brésil