Bonito + Pantanal
  

Bonito + Pantanal

Bonito, Brésil le 17/05/2016

 


 
 

Toute bonne chose a une fin (heureusement la suivante a un début), après une semaine au Paraguay je quitte ma famille d’accueil non sans regret. Le trajet en bus jusqu'à Pedro Juan Caballero s'est bien passé mais arriver à 5h30 du matin c'est relou. Après une 1h30 dans le terminal de bus, je prends un taxi pour le bureau d'immigration du Paraguay où j'obtiens facilement mon tampon de sortie, jusque là tout va bien. Après avoir traversé la route, me voilà au Brésil à Ponta Pora, c'est là que ça se gâte, 50 mètres plus loin ce n'est plus la même monnaie, plus la même langue, etc. Moi qui commençait à m'en sortir avec l'espagnol moi voilà confrontée au portugais auquel je ne comprends pas un mot, quelle poisse. La grande difficulté fut de trouver le bureau d'immigration pour obtenir mon tampon de sortie, sinon quoi je suis coincée à vie dans ce trou paumé de chez paumé. Proche de la frontière, au centre « ville » ? non non dans un aéroport hors service à l'autre bout de la « ville »... Bref après que les arrogants policiers m'aient tamponné mon passeport, je suis libre de déguerpir. Un gentil allemand propriétaire terrien m'a déposée au terminal de bus (évidemment situé à perpette), et là la galère continue, il pleut comme vache qui pisse, le seul bus pour ma destination partait à 6h30, il est 8h30..s Je décide de m'y rendre en faisant un « petit » détour, 12 heures au lieu de 4 mais tout sauf de passer la nuit dans ce bled. Cependant, ce détour n'aura pas été complètement inutile car dans le bled où j'ai du changer de bus (et attendre 3 heures) j'ai vu 2 magnifiques chouettes qui prenaient la pause au bord du trottoir, il en faut peu pour être heureux... 21h, j'arrive enfin à Bonito, heureusement petite auberge très sympa, je suis seule dans le dortoir et, comble du bonheur, il y a pleins de chats et de chatons. (c'est un chien qui m'a mordu, les chats j'ai le droit!)

En parlant de morsure de chien, pour ceux qui n'aurait pas suivi, je me suis faite mordre par un chien le 6 mai et ils ont bien fait un travail de cochon en me rebouchant le trou à la colle en désinfectant à la légère. Résultat, c'est rouge, enflé, purulent et franchement douloureux. Donc ma première journée à Bonito ne fut pas des plus folles, je me suis rendue à l'hôpital, si on peut appeler ça un hôpital. Les soins sont gratuits pour les brésiliens mais très chers pour les étrangers, et il fallait payer cash, donc retour en ville, retirer de l'argent, se faire doucher par la pluie, retourner à l'hôpital. Après un bref examen par un médecin nonchalant et une anamnèse très compliquée en portugais, le verdict tombe, infection à staphylocoque doré. Bref c'est mauvais et il faut traiter, malheureusement je suis allergique à la pénicilline (il a l'air très embêté je crois que c'était sa seule option), l'infirmière m'a désinfectée au dessus de l'évier, nouveau pansement, nouveau traitement et pas vraiment les mêmes prix qu'au Paraguay (mais j'espère plus efficace), suite au prochain épisode. Ça ne va pas m’empêcher de profiter, demain départ pour le Pantanal (youpi des animaux)


Pantanal.

C'est la plus grande zone humide de la planète, elle est composée de prairies et de savanes inondables, 80 % du territoire est submergé à la saison des pluies (de décembre à mai). On a beaucoup plus de chance d'y voir des animaux qu'en Amazonie, c'est une des faunes les plus riches de la planète, je suis juste trop tôt pour voir les jaguars, je reviendrais. Malheureusement 99% du Pantanal est privatisé à des fins agricoles, les terres étant de mauvaise qualité (à cause des inondations) les propriétés doivent être gigantesques pour avoir un bon rendement. J'ai enfin vue les fameuses vaches, avec tout ce qu'ils en mangent je commençais à me demander où ils les cachaient. Le Pantanal est surtout utilisé pour la reproduction du bétail, elle ont au moins une vie paisible et passent leur journée à arpenter les milliers d'hectares.

Arrivée au lodge où je vais passer les 3 prochains jours, Le Jungle Lodge, super hôtel sur pilotis (bon je suis quand même dans un dortoir de 8, faut pas pousser mémé dans les orties), avec des grands buffets pour tous les repas. Il y a même un petit chiot, et celui là je n'ai pas pu résister à la caresser, les bébés ça compte pas !

Tout était vraiment super bien organisé, on a fait beaucoup d'activités. Le premier jour en arrivant nous avons descendu la rivière (rio Miranda) en canoë, vraiment génial, juste le bruits des oiseaux, on a déjà vu pas mal d'animaux (caïmans, toucans, singes hurleurs, capybara, etc. Petites précisions sur les animaux du Pantanal, il y a là bas la population la plus dense du monde en caïmans, je n'en doute pas une seconde, il y en a partout ! Les capybaras sont les plus gros rongeurs du monde, en gros on dirait des cochons d'inde géants, ils ne sont vraiment pas farouches, j'adore.

Le lendemain matin safari en bateau,on a vu pas mal de trucs dont de nombreux oiseaux et pour une partie du retour nous avons fait du « tubing », en gros descendre la rivière avec des frites pour flotter (j'avais pas l'air très fute-fute avec mon sac plastique et mon bras en l'air) parmi les caïmans (ils ne s'attaquent qu'à des proies assez petites pour pouvoir les avaler d'un coup à cause de leur petite tête, autant vous dire que je ne cours aucun risque). Lors de notre descente une nouvelle tête est apparue parmi nous, c'était une loutre !!! elle a lâché un gros soupir et est repartie sous l'eau en réalisant que nous n'étions pas des congénères.

Aprèm pêche au piranha, verdict : pas pour moi. Tout d’abord je n'ai aucune patience donc ça m'emmerde d'attendre et quand il mord enfin je regrette et je suis triste car un poisson va mourir à cause de moi... Heureusement nous avons péché uniquement ce dont nous avions besoin pour le souper et il les tuait immédiatement d'un seul coup de couteau. Nous péchions directement les jambes dans l'eau car à cette période ils ne sont pas affamés et nous ne saignions pas. Quand un piranha a enfin mordu à ma ligne j'ai tiré un peu trop fort, il m'est arrivé dessus et l’hameçon s'est pris dans mon bandage au poignet, donc le piranha montrait ses dents et faisait des bruits bizarres à 2cm de ma plaie, évidemment j'ai hurlé, je suis sortie de l'au en courant (en me coupant le pied au passage) avec mon poisson qui pendouillant, heureusement le guide m'a vite secourue, bref après ça j'ai pris des photos, c'est moins dangereux. Le soir sortie nocturne en bateau pour observer les caïmans facilement repérables avec leur yeux qui brillent.

Dernier jour safari en voiture et à pied, nous avons vu des capybaras, des aras bleus (très rares), des cerfs, des toucans, des caïmans, des iguanes, des agoutis et... et.... et des tatous !!! C'était mon rêve d'en voir (oui j'ai des rêves bizarres) j'avais encore jamais réussi mais par chance cette espèce vit le jour. Il est également totalement aveugle donc si tu fais pas de bruit il y a moyen de bien les observer, il y en a un qui est venu renifler ma chaussure!! je retourne à Bonito dans la même auberge que précédemment.


Samedi je me suis rendue au Balneario municipal de Bonito, c'est un endroit (payant mais pas trop cher) au bord d'une rivière, où on peine presque à voir l'eau tellement il y a de poisson, où tu peux te baigner, faire du snorkeling etc. Il y a également de nombreux singes (toujours aussi fourbes et voleurs mais tellement mignons). J'ai finalement retiré cette fichu colle de ma plaie, tels des maçons, ils avaient simplement bouché le trou, donc je me retrouve avec une plaie béante d'environ un centimètre de longueur et 1cm de profondeur (re-coucou tendon, ça faisait longtemps) Là ça commence franchement à me soûler et même à me stresser un peu. Comme je l'avais déjà fait de nombreuses fois, je fais appel au père d'une amie, médecin émérite, qui me dit que je n'ai pas besoin de retrouner à l'hôpital, je peux continuer le traitement comme je le fais déjà, Alléluia !

Le lendemain je commence ma journée par le « buraco das araras », littéralement «  le trou des aras », et effectivement c'est un immense gouffre circulaire où l'on peut observer de nombreux aras rouges dans leur milieu naturel et les voir voler en couple, majestueux.

Ensuite, je suis allée faire du snorkeling (masque tuba) dans la rivière « rio da Prata » (j'ai mis un Compeed sur ma plaie, même pas mouillée), gros coup de coeur de ce tour du monde. C'était la première fois que je faisais du snorkeling en rivière, l'eau est limpide, la visibilité est de 30 mètres et les poissons sont très nombreux. Il n'y a pas besoin de nager, juste se laisser porter par le courant et admirer. Comble du bonheur, une loutre a plongé et a nagé pas loin de moi, je n'ai pris ni photo ni vidéo (j'avais loué un petit appareil qui va sous l'eau) car je ne voulais pas en perdre une seule miette, mais c'est gravé à jamais dans ma mémoire, c'est même Alzheimer-proof.

Le soir je suis allée au restaurant avec deux allemandes de mon dortoir (je leur pardonne de m'avoir réveillée à 5h30) où nous avons partagé un délicieux poisson sauce fruit de la passion. J'ai également savouré ma première caïpirinha au Brésil, miam.

En définitive Bonito est un endroit vraiment génial que je recommande à toute personne qui va au Brésil, non seulement c'est la porte d'entrée du Pantanal mais c'est aussi un très bon exemple de tourisme responsable, et ses rivières pleines de poissons valent le détour à elles toutes seules.


Le lundi bus à 5h avec les 2 allemandes pour me rendre à Campo Grande (ville moche et inutile mais c'est là que se trouve l'aéroport). Auberge tranquille à l'ambiance familiale, je suis la seule cliente, du coup 7chf ça fait pas cher pour un dortoir entier. Le mardi réveil 4h20 (je ne suis pas une adepte des grasses mat' mais là quand même...) pour prendre un vol pour Manaus, c'est parti pour l'Amazonie, un rêve d'enfant.


Je mettrais les photos un jour mais ce jour n'est pas aujourd'hui car je suis trop fatiguée. Mine de rien ces torchons me prennent du temps à les rédiger.

Peace.



 
 

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